Publié le 5 octobre 2026, un rapport du Conseil général de l’économie (CGE) et de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) propose plusieurs évolutions du plan de modernisation des installations industrielles (PMII). Au programme : simplification de certaines obligations, adaptation des méthodes d’inspection et recentrage du dispositif sur les installations présentant les enjeux les plus importants.
Le PMII : un dispositif confronté à plusieurs difficultés
Le plan de modernisation des installations industrielles vise à prévenir les risques liés au vieillissement des équipements, notamment les réservoirs et les canalisations. Il impose aux exploitants concernés d’identifier les équipements soumis au dispositif, d’établir leur état initial et de mettre en place des programmes de surveillance et d’inspection.
Dans son rapport, le CGE et l’IGEDD constatent une diminution du nombre et de la gravité des accidents liés au vieillissement sur les équipements relevant du PMII entre 2000 et 2023. Toutefois les accidents concernant des équipements vieillissants qui ne sont pas soumis au dispositif tendent, eux à augmenter.
Le rapport relève également plusieurs difficultés dans l’application des règles actuelles : complexité des textes, difficultés à identifier précisément les équipements concernés, coûts de certaines méthodes de contrôle et manque de visibilité sur les conditions d’acceptation de nouvelles techniques d’inspection.
Face à ces constats la mission recommande de faire évoluer le dispositif pour mieux adapter les obligations aux risques et aux réalités rencontrées sur le terrain.
Un recentrage du dispositif sur les installations les plus sensibles
L’une des principales propositions concerne le champ d’application du PMII. Le rapport recommande de le recentrer sur les établissements relevant de la directive Seveso et certaines installations pétrolières soumises à autorisation.
Cette évolution pourrait conduire certains établissements à sortir du dispositif actuel. Elle ne signifierait toutefois pas la disparition de toute surveillance des équipements concernés.
La mission propose de maintenir des exigences minimales pour certains réservoirs et certaines canalisations, avec des contrôles périodiques simplifiés, une vérification de la compatibilité des équipements avec les substances contenues ou encore le maintien de dispositifs de rétention adaptés.
L’objectif serait de mieux proportionner les obligations de surveillance aux risques présentés par les installations, tout en conservant un niveau de prévention adapté.
Le rapport recommande également de sortir les mesures de maîtrise des risques instrumentées (MMRI) du PMII. Pour les établissements Seveso seuil bas, il propose toutefois de prévoir des contrôles spécifiques de leur bon fonctionnement lors de leur mise en service, puis périodiquement.
Des contrôles et des dérogations à faire évoluer
Le rapport souligne que certaines méthodes d’inspection peuvent être coûteuses et contraignantes pour les exploitants. Elles nécessitent parfois l’arrêt, le nettoyage ou la mise à nu des équipements, avec des conséquences sur l’activité industrielle.
La mission préconise donc de faciliter la prise en compte des nouvelles techniques de contrôle, sous réserve qu’elles apportent des garanties suffisantes en matière de sécurité. Elle recommande également que les guides professionnels soient réexaminés tous les cinq ans et actualisés si nécessaire.
Les procédures de dérogation constituent un autre axe d’amélioration. Les modalités actuelles ne permettent pas toujours aux exploitants de connaître précisément les éléments attendus par l’administration. Le rapport propose ainsi de mieux formaliser les possibilités de dérogation préfectorale ou ministérielle pour certaines obligations réglementaires.
Les inspections administratives pourraient être davantage ciblées. La mission recommande de distinguer les contrôles généraux, portant notamment sur l’identification des équipements et le respect des principes réglementaires, des vérifications techniques approfondies confiées à des inspecteurs spécialisés.
Quelles conséquences pour les exploitants ICPE ?
Les recommandations du rapport ouvrent plusieurs pistes d’évolution : des obligations potentiellement mieux adaptées aux risques, des méthodes d’inspection plus souples et des procédures de dérogation plus lisibles.
Elles soulignent également l’importance de mieux définir les objectifs du PMII et de disposer d’indicateurs permettant d’évaluer son efficacité.
Attention toutefois : ces propositions ne constituent pas, à elles seules, une modification de la réglementation.
Dans l’attente d’éventuelles évolutions des textes, les exploitants doivent continuer à respecter les prescriptions actuellement applicables à leurs installations.
Les suites données à ce rapport seront donc à suivre pour déterminer quelles recommandations seront retenues et selon quelles modalités elles pourraient être mises en œuvre.






La consultation est ouverte depuis le 17 septembre 2025
À compter du 1er janvier 2026, ces documents devront obligatoirement être transmis au format numérique géoréférencé.
En clair : les cartes des risques deviendront plus lisibles, comparables et intégrables dans des outils numériques communs.